Les lumières de la nuit

Il rayonne, il palpite et sort de lui comme un léger grésillement. Planté là, au milieu du trottoir, il est impossible de dire ce qu’il était censé éclairer.

Elle, seule. Fin de soirée de novembre, l’âme un peu trop chahutée par la vie et les larmes aux yeux, elle avance péniblement. Sans doute l’alcool, sans doute la tristesse, qui pèsent dans ses jambes et la font tanguer. À ce moment-là, il lui semble que demain ne veut plus rien dire. Cette petite rue, elle la pratique tous les jours.

Les habitudes effacent les détails, rendent le paysage anonyme, sans relief. Peut être parce que les circonstances sont différentes ce soir ou peut être parce qu’elle n’a plus rien à perdre, à travers le voile de larmes elle voit pour la première fois la beauté des lumières de la nuit. Tons or et oranges sur fond bleu Pantone 19-40502, tac tac des talons sur les pavés et froissements de feuilles pour seul décor. Il reste ça au moins, la beauté, même si l’avouer lui arrache le ventre.

Dans son cœur comme un écho, des bruissements ressentis dans tout son corps, d’où cela peut-il venir ? Un candélabre, il frémit, sa lumière semble scintiller différemment aussi. Elle se demande d’où peut venir ce bruit qui résonne en elle. Il semble trop étrange pour être seulement être le fruit d’une erreur de branchement de la société de fourniture d’électricité. Un petit éclat de cette lumière se réfracte dans son pendentif Belive in magic. Peut-être que si elle s’approche elle découvrira un accès vers un autre monde ? Peut-être que si elle y croit suffisamment fort tout pourra changer ?

© Raphaël Solarig

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